Je déteste le matin. Je haï le matin...
Neuf heures trente quatre, j'émerge enfin. Mon réveil à sonner il y a trente quatre minutes et j'ouvre à peine un ½il. J'ai le temps, j'en profite... Je m'assoit sur le lit avant de frotter mon visage avec mes mains. Une fois à peut-près réveiller je me lève. Je ne tient pas franchement droit les cinq premières secondes mais je m'y fait. Qu'est que c'est dur le matin...
Je prends des affaires propres puis me dirige dans la salle de bain. Je ferme la porte à clefs même s'il n'y a que moi dans l'appartement puis me déshabille. Je rentre dans la douche et met l'eau au minimum. Je frissonne.
Aller, c'est repartit. Je me plie en deux sur moi même en manquant de me cogner et pose l'eau froide sur ma hanche, du côté droit, laissant couler le liquide gelé sur ma peau qui me brûle. J'ai l'impression que quelqu'un m'enfonce un fer à cheval avec la forme de ce putain de
signe...
Je gémit. Je m'empêche de crier. J'ai mal, c'est horrible. Même si cela fait à peine plus dix-sept mois que ce mystérieux tatouage est apparut sur ma peau, dix-sept mois que je me tord dans tous les sens à plusieurs reprises dans une journée à cause de cette douleur irréel : je souffre toujours autant, je ne m'y fait pas.
Ah. Parlons-en de ce mystérieux symbole apparut sur ma peau du jour au lendemain. J'ai déjà essayé de le comprendre mais je n'ai pas réussi. Peut-être deux E collés, un à l'endroit et un à l'envers ? Je ne vois pas ce que ça pourrait être d'autre. Il est haut comme mon pouce. Et puis au niveau du touché... J'ai l'impression qu'il est enfoncé dans ma peau alors que non et j'ai aussi l'impression de touché du goudron. Cependant ce n'est pas ce qui m'intrigue le plus. Cette « chose » et arrivé comme par magie sur moi et ne veut absolument pas partir. Je ne peut pas l'enlever, j'ai tout essayé. Tout. Rien ne marche ! Pour la douleur, non plus. À mon plus grand désespoir. Rien n'apaise cette sensation atroce quand elle décide de ce manifesté, même pas le sommeil le plus profond du Monde. Rien du tout !
Lentement, je me redresse. Je n'ai plus mal. Enfin... J'ai mal vingt quatre heures sur vingt quatre, sept jours sur sept depuis dix-sept mois, mais je peut l'oublier, je peut passer au dessus. Je soupire et me passe l'eau gelé sur le visage. Puis dans le dos. C'est bon, je suis réveiller. Douleur atroce plus eau gelé je peut vous jurer que ça réveille comme il faut.
Je sort de la douche, me sèche puis m'habille. Je vais dans la cuisine, me prends un petit jus d'orange vite fait puis j'attrape mes clefs et ma casquette. Je ferme l'appartement à clefs puis descend dans la rue. Je monte dans ma voiture : direction le studio où se déroule l'interview.
J'y suis juste à l'heure. Je rentre par la porte de derrière et vais m'assoir sur la chaise qui m'ai réservé. C'est une interview dans un magazine donc pas besoin de passer par la case maquillage, et c'est mieux comme ça.
Une petite heure plus tard, l'interview se finit. Je dis au revoir à tout le monde puis ressort par la porte de derrière. Je repars chez moi.
Une fois de retour je m'étonne en voyant un camion de déménagement. Les voisins arrivent aujourd'hui ? Je savais pas. Je soupire puis retire les clefs du contact. Je pose mon front sur le volant. Pour vus que ce ne soit pas des psychopathe ou des gros bourgeois qui ne disent pas bonjour et tout le reste...
Je soupire une nouvelle fois puis sors de ma voiture. Je la ferme à clefs puis rentre dans l'immeuble. Je tourne la tête pour pouvoir glisser ma clef dans la serrure quand je la vois... Elle sort à peine de l'appartement d'en face. C'est une adolescente mais elle dégage quelque chose de... différent. Quelque chose qui ne laisse pas indifférent... Pas moi en tout cas.
Ce ne sont pas ses yeux bleus à la fois perçant comme un cris de souffrance lâché au milieu d'une église vide et à la fois doux comme de la soie, qui me trouble, ni les mèches de ses cheveux ondulés de couleurs bronze qui retombe sur son visage ou sur ses épaules. Ce n'est pas non plus son visage d'ange sans défauts... Non, c'est plus loin que ça. Plus profond.
Elle pose son regard sur moi, une de mes jambes vacille et j'en perds presque L'équilibre -heureusement que j'en aie deux. Je me redresse et pince le bas de mon tee-shirt entre mes deux pouces et mes deux index pour le remettre droit -symboliquement. Je baisse la tête et me racle la gorge en silence. Je l'entends rire légèrement puis s'approcher de moi.
Oh non ! Ma hanche. Je me mord la lèvres inférieur -la mettant en sang- et ferme les paupières à mes les arraché... Plus ses pas se rapproche de moi plus j'ai l'impression que ce drôle de signe s'enfonce dans ma chaire.
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« Je m'appelle... » Commença-t-elle._
« AAAAAAÏÏÏÏÏEEEEEEE !! » Criais-je en la coupant.Je tombe alors au sol, les deux mains sur ma taille, plié en deux avec le front presque collé contre le carrelage. Putain de tatouage, juste maintenant. Juste quand elle me délivré le son magnifique de sa voix...Un timbre plus beau que le chant des oiseaux le matin, plus beau que le bruit des vagues s'écrasant doucement contre les rochers, plus beau que le refrain de ma chanson préféré, plus beau que le silence absolu d'une nuit d'été... Un son beaucoup plus beau que tous cela réunit...
Et bien non, il faut que sa tombe maintenant !